Michel Houellebecq | Poesía


NATURALEZA

  
    No envidio a esos pomposos imbéciles

    Que se extasían ante la madriguera de un conejo

    Porque la naturaleza es fea, cargante y hostil;

    No tiene ningún mensaje que transmitir al ser humano.

    Es agradable, al volante de un potente Mercedes,

    Atravesar lugares grandiosos y solitarios;

    Manejando con destreza la palanca de cambios

    Se dominan los montes, los ríos y las cosas.

    Los cercanos bosques se deslizan bajo el sol

    Y parecen reflejar conocimientos antiguos;

    Se presienten maravillas en el fondo de sus valles,

    Y al cabo de unas horas, empiezas a confiarte;

    Te bajas del coche y empiezan los problemas.

    Aterrizas en mitad de un desorden repugnante,

    De un universo abyecto y desprovisto de sentido

    Hecho de piedras, de zarzas, de moscas y de serpientes.

    Echas de menos los aparcamientos y los vapores de gasolina,

    El brillo suave y sereno de un mostrador de níquel;

    Demasiado tarde. Demasiado frío. Comienza la noche.

    El bosque te oprime en su cruel sueño.
  

  
    NATURE

    Je ne jalouse pas ces pompeux imbéciles / Qui s’extasient devant le terrier d’un lapin / Car la nature est laide, ennuyeuse et hostile; / Elle n’a aucun message à transmettre aux humains. // Il est doux, au volant d’une puissante Mercedes, / De traverser des lieux solitaires et grandioses; / Manœuvrant subtilement le levier de vitesses / On domine les monts, les rivières et les choses. // Les forêts toutes proches glissent sous le soleil / Et semblent refléter d’anciennes connaissances; / Au fond de leurs vallées on pressent des merveilles, / Au bout de quelques heures on est mis en confiance; // On descend de voiture et les ennuis commencent. / On trébuche au milieu d’un fouillis répugnant, / D’un univers abject et dépourvu de sens / Fait de pierres et de ronces, de mouches et de serpents. // On regrette les parkings et les vapeurs d’essence, / L’éclat serein et doux des comptoirs de nickel; / Il est trop tard. Il fait trop froid. La nuit commence. / La forêt vous étreint dans son rêve cruel.



EN EL PARO

  
    Atravieso una ciudad de la que ya nada espero

    Entre seres humanos distintos cada vez

    Me lo sé de memoria, este metro elevado;

    Transcurren días enteros sin que pueda ni hablar.

    ¡Ah! Esos mediodías, regresando del paro

    Pensando en el alquiler, meditación sombría,

    Prefieres no vivir, pero igualmente envejeces

    Y nada cambia en nada, ni el verano, ni las cosas.

    Al cabo de algunos meses, se acaba el subsidio

    Y el otoño vuelve, lento como una gangrena;

    El dinero se vuelve la única idea, la única ley,

    Estás realmente solo. Y te quedas atrás, atrás…

    Los otros continúan con su danza existencial

    Tú estás aislado tras un muro transparente;

    El invierno ha vuelto. Su vida parece real.

    Tal vez, en algún sitio, te espera el porvenir.
  

  
    CHÔMAGE

    Je traverse la ville dont je n’attends plus rien / Au milieu d’êtres humains toujours renouvelés / Je le connais par cœur, ce métro aérien; / Il s’écoule des jours sans que je puisse parler. // Oh! ces après-midi, revenant du chômage / Repensant au loyer, méditation morose, / On a beau ne pas vivre, on prend quand même de l’âge / Et rien ne change à rien, ni l’été, ni les choses. // Au bout de quelques mois on passe en fin de droits / Et l’automne revient, lent comme une gangrène; / L’argent devient la seule idée, la seule loi, / On est vraiment tout seul. Et on traîne, et on traîne… // Les autres continuent leur danse existentielle, / Vous êtes protégé par un mur transparent; / L’hiver est revenu. Leur vie semble réelle. / Peut-être, quelque part, l’avenir vous attend.


¿Qué demonios es Michel Houellebecq?


Fotografía por Ozan Safak (en Unsplash). Public domain



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